Recueil des «Machines à écrire Schaerbook»

Atelier du 6 juin 2026


Les «Biscuits»

Tais-toi

Mon ange

N’aie pas peur

Tout arrive

Pour tous les âges

Pourquoi ne pas vivre

Un été

Pour nous

Pour se pourlécher

À la folie

***

Traverser un champ
Sans peur du temps

Sifflent des serpents
Comme ils bougent
Un peu
Au temps et à l’océan
Se chauffer les mains

***

Pourquoi ne pas vivre
La tendresse de l’aube
Dans le soleil je marche
Les nuages ne bougent plus
Nouveau matin rare
Vous allez voir

***

Mais où cela m’emmènera
D’être là
Vers les dix heures du matin
À l’ombre
À cause du silence
C’est peu de chance
Souris-moi

***

Par la fenêtre – La nuit est plus belle
À faire trembler la terre – Son froid nous frise
Comme les vagues du bois – Tais-toi
N’aie pas peur – Reste ici
Tu rêves – J’aime ça

***

De n’oser point pleurer
Vermisseau véritable
Quatre et quatre huit
Pour être ensemble
La nuit est plus belle
Ta couleur me fait penser
Trouver un autre goût
Pour tous les âges
GLOUPS
À cor et à cri
WAOUW
J’entends les oiseaux
Dans sa chambre

***

Comme les vagues du bois
En vélo, Pauvre tortue,
J’entends les oiseaux
À cause du silence

Lisez-vous encore
Sottise sautante
Sans queue ni tête

Nouveau matin rare
Qui a commencé
La tendresse de l’aube
Dans leur assiette

Un peu de ses cheveux
Comme des estafettes
Traverser de nombreuses étapes

Dany

***

Je suis un oiseau
Sur une branche
Brulant d’un feu rare
S’élançant comme une flèche
Dévorée dévorante
Le plaisir sensuel et sauvage
Alors j’ai su
Pour être ensemble
Sans peur du temps
De ce qu’il cache
C’est faire un voyage
Partir à point
Sur une branche

Tais-toi
Tu rêves
Viens dormir

***

À cause du silence
Enfourner les bouchées
Risquer une année
J’en veux
Avec rage
Avec amour
À toi ma vie

***

À toi ma vie – La valse à deux temps
Enlace-moi – Un peu
À la folie – Reste ici
Infiniment – Pour moi

***

Comme les vagues du bois
Après une si réelle
EXTASE
Le bois aboie
Sifflent des serpents
Sachant chasser
Alors elles craquent
Aux cœurs de pierre
N’exigeant qu’un choc
L’insoutenable
De mes poches

***

Tais-toi
Mon ange
N’aie pas peur
Tout arrive
Pour tous les âges
Pourquoi ne pas vivre
Un été
Pour nous
Pour se pourlécher
À la folie


Le dictionnaire «frais du jour»

E

Éperdument : mensonge introuvable / vérité absolue
Étançonner : sonner dans l’eau
Échauffourée : garniture brulante

I

Icare : Cas de chute
Infusion : Thé en fusée
Immortel : 18e James Bond pour demain
Imaginaire : Inventions dans l’air grâce au gin
Individu : Plus d’un milliard en Inde et plus de huit dans le monde
Insomnie : Somme de non nuits
Idylle : D’amour et d’eau fraiche
Identité : Dent l’ADN
Itération : Actions satisfaisantes
Isométrique : Egale métrie gainante
Italique : Petits carats de terre

J

Journée : naissance du joug
Jarret : un arrêt qui se jauge
Jaune : à l’aune du J
Jachère : n’est pas à vendre

F

Flexibilité : Taillable et corvéable avec le sourire
Fourniture : Nourriture usuelle pour travaux pratiques
Fondamentale : Basique
Fleur : Jeune beauté naturelle
Féconder : Ensemage de fées
Fantôme : Esprit d’un faon pourchassé
Fille : Réussite d’un garçon manqué
Florilège : En taule pour choisir des fleurs
Fantaisie : Ce qui met en joie la vie
Formulaire : Document barbant à remplir
Féliciter : Dire son admiration à la manière d’un Felix
Frappement : Claquement, bombardement, envoi de missiles

L

Liberté : thé sans entrave
Lumignon : demi-coup littéraire
Littéralité : réalité altérée
Légiférer : fer léger
Losange : ailes mouillées
Légendaire : personnes volantes
Lustrerie : entreprise à briller

M

Machine : chine, recherche dans son égo
Mannequin : panier qui supporte un poids de 5 kilos
Matador : malade à donner la mort
Mensonge : songe personnel
Méridienne : Indienne championne de natation sur longue distance
Mésalliance : mauvaise aliénation
Mnémonique : moniteur sans sens de l’orientation
Musculaire : trapéziste dans l’atmosphère

P

Philanthropie : trop filant
Patience : Science paisible
Pantalon : talon en panne
Pelage : lâche instrument de jardinage

Q

Quintessence : toux du carburant
Quenelle : rien qu’une
Quolibet : gobelet quelconque
Quantité : thé surprise
Quotidien : part attribuée

U

Ultimatum : première génération ancienne à la base d’un arbre généalogique
Unanimiste : fervent partisan de l’amnistie
Uniformité : thé destiné à un type de profession reconnaissable à sa tenue
Unité : thé suffisant pour une seule tasse


Haïkus approximatifs

Dans les jeunes herbes
Toute la journée
J’ai blessé

Peau contre écorce
Chaque arbre
M’ouvre son cœur

Entraînons-nous à mourir
Par un pet de cheval
En poudre de riz

Neige qui tombait sur nous deux
Sous les fleurs de cerisier
Tuant une mouche

Ce matin c’est l’automne
Pour celui qui part
À cet endroit même

Matin de neige
Les chiures de mouches
Sa mine indifférente
Dany

La pluie s’abat
L’hirondelle
Est en fleurs
Dany

Rien de plus
Seule la télévision
De pauvreté
Dany

Je tombe par terre
Mon ombre aussi
Maman
Maryvonne T.

Les hauts nuages
L’azur triomphant
La mer
Maryvonne T.

Ce matin c’est l’automne
Une seule flaque
Sauterelle
Maryvonne T.

Là où je vis dans mon inconscient
La pluie n’arrête pas de tomber
La femme de ménage a du retard
Rose-Line

Autour de la maison
La pluie s’abat
Deux ou trois
Ina V.

Les saules sont éparpillés
Au seuil de ma porte
Nous partageons un instant
Ina V.

Là où je vis
Dans la forêt
Sous la caresse du soleil
Ina V.

Là où je vis
Sous les feuilles dorées
Glisse la pluie bleue
Ina V.

Au pied du cerisier en fleur
Les oreilles dressées
Elles font des arabesques

Les nuages nous reposent
Mon ombre aussi
Rien d’autre aujourd’hui

Les oiseaux chantent
Deux ou trois
Écoutent le tic-tac

Puisqu’il le faut
Dormir toute une nuit
Quand je serai mort

Une seule flaque
Sauterelle
Chante sur deux notes
Dany

Le hêtre noir
Déborde de vie
Devant les cerisiers fleuris
Dany

Sur l’éventail
Écran de papier
La trace d’un songe
Dany

Là où je vis fou
Le calme doux repose
Le temps se pose
Dany

Au pied du cerisier en fleur
Cachant dans son parfum
Grouille et fourmille
Maryvonne T.

A force de rigoler
A pleines dents
Les nez rouges
Maryvonne T.

Là où je vis
Toujours le changement
Mon magnolia
Maryvonne T.

À l’ombre des fleurs
Pourquoi son cœur
Bat-il dans sa tête ?
Ina V.

Sous les fleurs de cerisier
Mon reflet
Chante sur deux notes
Ina V.

J’ai vu des lucioles voler
Toute la journée
Quand je serai mort
Ina V.

Là où je vis
À l’abri du vent
Et de la pluie
Ina V.

Là où je vis
Le hérisson tremblant
Me regarde amoureusement
Ina V.


Contes aux ciseaux

Le prince découvre qu’il est attirant. Moult femmes souhaitent lui être présentées.
Un bain, dit-il, voilà qui semble être payant ! Je vais en prendre un tous les jours à présent.
Mais pourquoi toutes ces femmes se pressent-elles devant le château ?
Elles accourent par milliers pour essayer la chaussure. Mais c’est en vain : il n’y a personne à sa pointure.
Cette chaussure ne trouvera-t-elle jamais son pied ? Le prince désespère. Soudain, une vieille femme s’avance, chausse le soulier et se transforme en sanglier. Rien ne se perd au royaume. Le prince avance son épée et la transperce.
Son compte est bon ! Je vais la faire dépecer. Et me ferai servir ses tripes pour le dîner !
Ce qui fut fait !

Ina V.

***

Demande ce que tu voudras et crois-moi, pour le réaliser il ne tiendra qu’à moi.
Belle promesse! comme si j’étais dans un conte de fée. C’est tellement loin de ma vie de contrainte, de routine, de devoir. Je ne demandais qu’à le croire cet homme-là et croire qu’il était le prince charmant qu’il prétendait. Je l’entends faire rire mes enfants dans la pièce à côté.
Ils l’ont adopté.
La grosse voix gronde: « Grum Grum Miam Miam Hé ! Hé ! Hé !
Ça sent la chair fraîche d’un p’tit garçon à croquer ! »

Éclats de rire et cris de plaisir. Il me manque le miroir magique de mon enfance.
C’était un miroir de cuivre encadré,
Un miroir magique qui savait parler.
Quand on l’interrogeait sur n’importe quel sujet,
De jour ou de nuit, il répondait sans hésiter.

Et je lui demanderais: puis-je faire confiance? Puis-je m’aventurer et y entraîner mes enfants? Suis-je prête à partager ma liberté, partager à nouveau ma vie, mon espace, à choisir, à rêver à deux?

Maryvonne T.

***

Alors ce soir-là, quand sans se faire remarquer, à la faveur de l’obscurité,
Jacques sort de sa poche un haricot riquiqui.
Elle fait un bond, elle en est abasourdie.
«Demain matin ma fiancée sera Celle au pied de qui cette pantoufle ira toujours ! »
Sa mère change de couleur, et tempête :
«Je suis vraiment stupéfaite!»
Dès la nuit tombée, elle se rend au palais… Stop !

Louise D.P.

***

Mais, bon sang, m’as-tu seulement écoutée ? »

Un peu plus tard dans la journée,
Le chasseur passa chez le boucher

« Pas étonnant, répond la mère au désespoir.
Je t’ai dit et répété tous les soirs
De prendre un bain car tu sens très mauvais.

Mais quand minuit sonne, la belle s’exclame : « Zut !
Je dois sauver ma peau sans perdre une minute ! »

Et lui acheta, pour sauver sa peau,
Un joli steak et un cœur de veau.

Rose-Line